« Film politique en ce sens que sa façon de procéder extrêmement simple permet à tous de le critiquer facilement ; et donc de faire la démarcation entre être de classe bourgeoise et prendre une position de classe prolétarienne. » (JLG, synopsis, 1969)
Printemps 2017, dans l'entre-deux tours de l'élection présidentielle française. Pierre, 25 ans, étudiant boursier, loge chez Francine, 75 ans, clouée dans un fauteuil roulant. Ils assistent, perplexes, à la kermesse électorale qui se joue au dehors.
Que produit (crée) une société (une équipe) sans projet (scénario) face au désir (choix) impérieux (nécessaire) de refaire (fabriquer) un monde (un film) autrement ? UFE est une œuvre polymorphe articulée autour de la fabrication d’un film dont le processus de création et de diffusion rejoint la logique d’un événement vivant et d’une œuvre plastique.
Un film poème en 18 vagues, comme autant de scènes pour décrire Paris et ses paysages urbains traversés par un "jeune mineur étranger isolé", les attentats, les roses blanches, l'état d'urgence, le bleu-blanc-rouge, l'océan atlantique et ses traversées, les volcans, la beat-box, la révolte, la colère, la violence d’État, un chant révolutionnaire, le silence, et la joie… Rien que la joie.
Une école, un hôpital, une salle de spectacle, une prison… Ces bâtiments construits par les Homo sapiens ont été désertés et la nature y a repris ses droits. Ils accueillent désormais les vents, les pluies, la faune et la flore sans résistance. À travers une série de plans fixes, Nikolaus Geyrhalter tend ces paysages vers le spectateur comme des miroirs.
Au cœur du Swinging London de 1968, au croisement de la Beat Generation de Ginsberg, des Black Panthers et de la contre-culture pop, trois jeunes anglais, horrifiés par la photo d’un enfant vietnamien blessé, essaient de comprendre la spirale de la violence de la guerre du Viêt Nam et de surmonter leur sensation d’impuissance…
Premier long-métrage de Pere Portabella. Composé de scènes quasi-autonomes s'enchaînant par des transitions inattendues, inspiré par Eisenstein autant que par Bergman ou Antonioni, "Nocturno 29" est le film le plus ouvertement anti-bourgeois de son auteur.
Un écrivain reçoit un prix pour un roman qui doit être adapté au cinéma. Un portrait de la classe intellectuelle espagnole à l'heure de la chute du mur. Après treize ans d'une vie politique riche mais sans tourner, Pere Portabella reprend la caméra et filme une société amnésique que l'Histoire finit par rattraper.
En réponse à une exposition Miró organisée par le pouvoir franquiste, un contre-événement s'organise. Portabella, qui doit filmer une performance du peintre catalan, fait sa connaissance et quatre films vont naître de leur complicité. Peu avant, Portabella avait signé "Aidez l'Espagne", un appel au secours composé d'images d'archives et de dessins du maître.
Un homme déambule en monologuant dans les rues d'une Barcelone fantasmée. En empruntant des plans au cinéma commercial, certaines idées à Freud et certains principes au mouvement surréaliste, Portabella réalise un film en forme de collage, poétique et politique, à la beauté formelle rare.
Sept séquences signées par les auteurs les plus en vue du cinéma français des années 60. Pour apporter soutien au peuple Vietnamien en lutte contre les États-Unis en cette année 1967. Objectif : non pas de réaliser un documentaire sur le Vietnam, mais d’ouvrir une réflexion sur cette guerre impérialiste et de provoquer une prise de conscience de l'opinion publique française.
Cinq ex-prisonniers politiques se retrouvent secrètement à la campagne le jour de l'exécution de Salvador Puig i Antich, anarchiste catalan condamné pour le meurtre d'un agent de la Guardia Civil. Ils discutent de leur expérience carcérale.
La même question pour chacun des chefs des forces politiques émergentes dans le pays après la mort de Franco, comment allez-vous d'une dictature à une démocratie ? Tourné dans les mois qui suivirent la mort de Franco, ce documentaire suit une trame fictionnelle selon un principe de subversion des genres qui traverse l'oeuvre de Pere Portabella.
Situé dans les années 1890, un récit de la sanglante émancipation des Philippines de la tutelle espagnole à travers trois personnages, dont la révolution nationale bouleverse l’existence. Ce premier film du jeune réalisateur philippin est la première partie d’une ambitieuse trilogie en cours de production sur l’indépendance des Philippines.
Né d'un fait divers, le film relate les trajectoires parallèles d'une jeune femme et de la société capitaliste. Entre autres, la même soumission aux lois de la prostitution. Un Godard pré-68 sociologique explosé par la poésie du cinéma.
"Un film dit "de jeunes" sur des jeunes gens" disait Godard, soit le parcours de Paul. Ses envies, ses amitiés, sa relation avec Madeleine, et puis sa mort.. accidentelle ou volontaire ? Le doute plane...
Alors qu'une foule en vacances longe les côtes méditerranéennes à bord du Costa Concordia (4 ans avant son naufrage), deux enfants réinventent la politique en forçant leurs parents au débat. Qu'est devenu le berceau de la démocratie ? Godard filme la légendaire méditerranée et livre pour bilan une "symphonie en trois mouvements" dont les invités sont Bernard Maris, Elias Sanbar ou Alain Badiou.
La journaliste Paula Nelson doit retrouver son fiancé à Atlantic Cité. A son arrivée, elle découvre qu'il est mort et mène l'enquête. D'après Richard Stark (alias D.E. Westlake), un film "po" (comme l'indiquait l'affiche à l'époque) : policier, politique, poétique. Le dernier Godard avec Anna Karina, transformée en Bogart frenchy.