Danny Boyle transforme le film de braquage en un thriller labyrinthique imprévisible. Le réalisateur limite ses effets de mise en scène et laisse ainsi la part belle à son trio d’acteurs au charisme hypnotique.
Pour son premier long-métrage, Jonathan Glazer livre un film de gangsters que n’aurait pas renié son compatriote Danny Boyle. La mise en scène, rythmée de séquences hallucinées, fait la part belle à des personnages attachants de truands usés.
Morgan Matthews transpose son regard de documentariste dans une fiction lumineuse sur l'autisme. Ce récit d'apprentissage évite les clichés grâce à une mise en scène sensorielle, capturant avec brio la poésie des mathématiques.
Refusant toute angélisme, le biopic d'un artiste lourdement handicapé reste la double révélation d'un cinéaste, Jim Sheridan, et d'un acteur exceptionnel, Daniel Day-Lewis.
Joachim Trier revient à son premier amour, Oslo, matinant son art de saisir les existences funambules d'une dose d’ironie inédite. Un rôle flamboyant offert à l’actrice Renate Reinsve, prix d'interprétation à Cannes 2021.
Mêlant film d’espionnage et poésie visuelle, Albert Serra livre une singularité vénéneuse et hallucinatoire. Benoît Magimel se noie dans les simulacres pour y déployer tout le magnétisme éthéré de son interprétation, auréolée d’un César en 2023.
Fatih Akin arrange avec maestria cette odyssée vengeresse, de son entame brutale et douloureuse aux scènes de procès glaciales et chorégraphiées. Le film ne perd jamais de vue la tempête d’émotions qui agite une déchirante Diane Kruger.
Mia Madre est une méditation bouleversante sur la mortalité. Nanni Moretti l’orchestre comme une subtile partition de rires et de pleurs, louvoyant entre les souvenirs mélancoliques et le tournage comique d’un film comme exorcisme de la réalité.
Nanni Moretti dresse un portrait caustique de sa génération, incapable de communiquer avec ses parents ou de trouver sa place en société. Ce mélange d’autofiction et de politique en fait l’équivalent unique d’un Woody Allen transalpin.
Portraitiste acéré des rapports de classe, Rainer Werner Fassbinder décrit la chute d’un couple miné par l’argent. Un film cruel et sarcastique, d’autant plus émouvant que Fassbinder joue lui-même l’amant trop sensible.
Rainer Werner Fassbinder fait sa Nuit Américaine à la François Truffaut : un film sur le tournage d’un film, qui mesure tout le prix personnel à payer pour son art. Un captivant portrait de troupe, rêvant d’une utopie du vivre et travailler ensemble.
Expédiant ses personnages pour un week-end claustrophobe en couple, Rainer Werner Fassbinder orchestre un jeu de massacre où chacun est un pion d’une grinçante partie de campagne. Une démonstration personnelle d’admiration pour le cinéma de Luis Buñuel et Ingmar Bergman.
Wim Wenders déconstruit le film noir dans cette œuvre qui s’amuse à brouiller les pistes. Tout en rendant hommage à ses pairs, il réconcilie les contraires, entre la vivacité d’un récit sans cesse réinventé et l’ambiance funeste de décors glacials.
En partant du procès qui lui a inspiré sa théorie de La banalité du Mal, Hannah Arendt fait le portrait d'une des plus importantes philosophes du XXe siècle.