C'est sans doute le cinéaste champion du monde de la régularité : entre 1969 et 2010, 41 ans et 41 films – si l'on met de côté son galop d'essai, Lily la Tigresse (1966), simple détournement des dialogues et du montage d'un film japonais sans renom. Partageant équitablement son activité entre l'écriture d'un scénario et son tournage, il assure ponctuellement la sortie du "Woody Allen de l'année". La fraîcheur et l'invention ne sont plus systématiquement au rendez-vous, comme elles le furent des décennies durant, mais on souhaiterait que tous les films d'"auteurs", américains ou autres, atteignent le niveau de ses titres les plus moyens. Si l'élément de surprise ne joue plus, la connivence demeure intacte : on est, devant chaque nouveau titre, en pays de re-connaissance, et, en dernier recours, le public ne s'y trompe pas, qui lui offre fidèlement un accueil complice.
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