Deux Palmes d'or cannoises à quelques années d'écart, pour Rosetta en 1999, et pour L'Enfant en 2005 ! On ne peut rêver mieux. D'autant que leur succès, critique et public, s'est effectué sans qu'il y ait eu de leur part quelque concession que ce soit : de Falsch, leur premier titre (1987) au Silence de Lorna (2008), ils ont exploré le même territoire, celui des paumés et des déshérités, sans compromis ni complaisance. Sans non plus exploiter le filon de la marginalité, en devenant les spécialistes de la misère spectaculaire : leur sincérité et leur prises de position combatives n'ont pas varié, face à un monde sans joie et à une société sans merci.
...