Diplômée de la Femis comme directrice de la photographie (ce qu'elle fait pour trois courts métrages au début des années 90), elle se lance très vite dans la réalisation et signe en 1995 En avoir (ou pas), qui n'est pas une adaptation du roman éponyme d'Hemingway, mais l'histoire, réaliste, d'une dérive, celle de Sandrine Kiberlain, qui trouve là son premier grand rôle : perdant son travail dans le Nord, elle descend vers le Sud, s'arrête à Lyon pour trouver du travail, y rencontre un ouvrier du bâtiment. Des trajets solitaires qui se croisent, on en a déjà vu mille sur les écrans, et ce n'est pas l'originalité qui retient ici l'attention mais la qualité de recréation d'un milieu social et la juste tonalité qui accompagne le désarroi de ses personnages : le film récolte deux prix à Berlin en 1996 et fait attendre avec intérêt le titre sui...