Chantal Akerman ou l'inclassable : elle a signé près de cinquante films en quarante ans, alternant documentaires, fictions, journaux intimes, essais autobiographiques, utilisant le 16 mm, la vidéo, le 35 mm, selon des durées allant de 3 à 200 minutes.
Aussi convaincante dans la captation presque immobile d'un spectacle (L'Homme à la valise, avec Sami Frey, 1983) que dans une comédie musicale aux multiples actrices (Golden Eighties, 1983, où Lio côtoie Delphine Seyrig), elle est capable de réaliser à la suite un documentaire sur les émigrés mexicains clandestins (Sud, 1999) et une adaptation de Marcel Proust (La Captive, 2000).
À travers cette œuvre apparemment éparpillée, la cinéaste dessine un autoportrait extrêmement vivant, parfois explicite (Portrait d'une jeune fille de la fin des années 60 à Bruxelles, 1994), parfois détourné (Histoires d'Amérique, 1988), qu'elle soit sa propre interprète (...