Vojtech Jasny : " Je voudrais avoir réussi à équilibrer la satire et le lyrisme."
Qui a enlevé le chat magique... ? En 1963, le film de Jasny Un jour un chat... révélait enfin au Festival de Cannes l’existence et la qualité du cinéma tchèque. Un an et demi se sont écoulés : Le Chat a triomphé dans de nombreux pays : ç’a été, dit-on à Prague, la meilleure « affaire » du cinéma tchécoslovaque depuis qu’il existe. Bien qu'un festival français ait consacré la valeur du film, le public français n'en a pas profité ; et bientôt peut-être le Prix Spécial de Cannes sera oublié. On se demande qui tient captif le chat magique une deuxième fois... Car dans le film, il est enlevé une première fois.
Le film de Jasny met en scène un chat à lunettes que montre une troupe de forains (pour laquelle Werich joue le tôle de directeur). Quand on retire les lunettes du chat, la lumière irradiée par ses yeux donne à chacun des villageois, la couleur de sa vérité : les amoureux deviennent rouge, mais les voleurs gris, les hypocrites violet, les adultères jaune : bien entendu, un tel animal est intolérable ; le directeur d’école, spécialisé dans l’empaillage d’animaux, se charge de le faire disparaître... Mais le chat magique est sauvé par la révolte des enfants (une révolte un peu à la Zéro de Conduite) aidés par le jeune instituteur et le vieux sage du village (joué par un Werich dédoublé).
Il est facile d’imaginer le parti que Jasny a pu tirer d’une telle idée aussi bien sur le plan plastique que sur celui d’un contenu critique. Nous reproduisons ici, d’après le bulletin d’information du cinéma tchécoslovaque, l’interview donnée par Jasny à Pierre Philippe, qui était alors en Tchécoslovaquie, que Jasny connaissait bien.
TKT (« T’inquiète » en langage SMS) aborde le harcèlement scolaire de façon documentée, dure mais nécessaire. La réalisatrice dénonce ce fléau en faisant un usage intelligent du surnaturel et offre son ultime rôle à Emilie Dequenne, bouleversante.
Jafar Panahi se joue des menaces qui pèsent sur lui pour livrer une farce acide sur la situation en Iran. Mélangeant tragédie et comédie avec brio, le réalisateur porte un regard prophétique sur le cycle perpétuel des violences dans son pays.
À la fois teen movie mélancolique et dystopie sur les dangers de l’IA, Happyend prend le parti de la jeunesse et de la liberté. Alors que la société autour des personnages se rigidifie, la mise en scène leur offre de précieux moments de respiration.
Klára déménage brille par sa simplicité : la répétition des allers-retours entre ancien et nouveau logement. Une situation ordinaire mais pas anodine, car chaque trajet diffère subtilement du précédent et permet de mieux comprendre les personnages.
Ce portrait intime d’un des amuseurs fétiches du cinéma français est l’occasion précieuse d’entendre Christian Clavier se confier sur son art. La star se révèle en artisan passionné, qui peaufine sans cesse sa technique de jeu et son sens du rythme.
Stups traite du narcotrafic à échelle humaine, en filmant les audiences du tribunal de Marseille. Les réalisateurs, journalistes tous deux récompensés du prix Albert-Londres, scrutent les visages des prévenus mais aussi des juges, également dépassés.