Philippe Harel : "Avoir la lucidité de rire de soi..."
Fin 1992, Philippe Harel est apparu tout de noir vêtu, râleur et maniaque. Il interprétait le rôle principal de son film, Un été sans histoires, aux côtés de Dodine Hery, sa coscénariste. Une savoureuse comédie, où deux Parisiens, un grincheux et une excentrique, découvraient la campagne. La critique était séduite, le public enthousiaste. Et le « petit » film (qui durait à peine plus d'une heure) fut un grand succès. Qui précéda un succès plus grand encore avec Les Randonneurs.
Depuis Philippe Harel s'est essayé à des films toujours plus différents : La Femme défendue, en 1997, portrait au plus près d'Isabelle Carré, seule face à la caméra pendant tout le film, l'adaptation du très polémique Journal intime des affaires en cours (1998) avec Denis Robert, ou encore celle du livre de Michel Houellebecq Extension du domaine de la lutte (1999) avec José Garcia dans un premier rôle dramatique.
Trop modeste, pas provocante pour un sou, cette méconnue Histoire... est une petite partition. Un film qui n'a l'air de rien, mais qui, entre les images, avec une grande finesse, en dit long.
TKT (« T’inquiète » en langage SMS) aborde le harcèlement scolaire de façon documentée, dure mais nécessaire. La réalisatrice dénonce ce fléau en faisant un usage intelligent du surnaturel et offre son ultime rôle à Emilie Dequenne, bouleversante.
Jafar Panahi se joue des menaces qui pèsent sur lui pour livrer une farce acide sur la situation en Iran. Mélangeant tragédie et comédie avec brio, le réalisateur porte un regard prophétique sur le cycle perpétuel des violences dans son pays.
À la fois teen movie mélancolique et dystopie sur les dangers de l’IA, Happyend prend le parti de la jeunesse et de la liberté. Alors que la société autour des personnages se rigidifie, la mise en scène leur offre de précieux moments de respiration.
Klára déménage brille par sa simplicité : la répétition des allers-retours entre ancien et nouveau logement. Une situation ordinaire mais pas anodine, car chaque trajet diffère subtilement du précédent et permet de mieux comprendre les personnages.
Ce portrait intime d’un des amuseurs fétiches du cinéma français est l’occasion précieuse d’entendre Christian Clavier se confier sur son art. La star se révèle en artisan passionné, qui peaufine sans cesse sa technique de jeu et son sens du rythme.
Stups traite du narcotrafic à échelle humaine, en filmant les audiences du tribunal de Marseille. Les réalisateurs, journalistes tous deux récompensés du prix Albert-Londres, scrutent les visages des prévenus mais aussi des juges, également dépassés.