La production québécoise en matière de séries est depuis plusieurs décennies d’une vivacité exemplaire. Formellement comme narrativement, les expérimentations sont nombreuses. La Collecte, disponible en exclusivité, n’échappe pas à la règle. Plongée sans filet au cœur de la pègre québécoise.
Le pitch : Sur le point de devenir père, Kevin, collecteur de « dettes », décide de quitter le crime organisé. Cette difficile et dangereuse décision ne fait pas du tout l’affaire du grand boss, Santa, et plonge Kevin dans un tourbillon aux conséquences meurtrières. Alors qu’il jongle entre la naissance de son bébé et sa décision de faire le grand saut, il revit les événements traumatiques de sa jeunesse. De sa mère qui l’envoie vivre au golf de son oncle aux retrouvailles avec son père, un criminel instable qu’il connaît à peine.
Pour les amateurs de cinéma et de séries québécoises, Podz (de son vrai nom Daniel Grou) est un incontournable. Réalisateur de six longs métrages et de nombreux épisodes de séries (Xanadu, Vikings, The Hunger...), il a largement éprouvé son style pour la fiction télé. Ceux qui ont vu la série Minuit le soir - l’un des sommets artistiques de sa carrière diffusée sur Ciné + à la fin des années 2000 - le savent déjà : la série est pour lui un laboratoire expérimental. Au rythme des allers et retours temporels, on suit donc le chemin de la rédemption de Kevin, pour se sortir de la spirale du crime organisé. Les interrogations font parfois penser au début de la série Les Sopranos : le vertige de l’anxiété pousse le héros à agir. C’est toute une vie qui, au bord du ravin, se déplie.
Le parcours du héros sera l’occasion d’étudier les conséquences morales et matérielles de la « rupture » avec la vie d’avant. Le passé éclaire sans cesse les décisions du présent. Aux frontières du polar et du drame psychologique, la caméra nerveuse de Podz va aussi bien scruter les méandres de la bande organisée que l’intimité du cercle familial. Tout en ruptures de ton, les épisodes alternent constamment entre la violence du milieu et un aspect plus contemplatif dans les introspections de Kevin. Le cadre se resserre à mesure que l’étau empêche de respirer. Et, en creux, le scénario de Ludovic Huot et Charles-Étienne Brassard, dresse le portrait d’un homme au bord de la crise de nerfs, à l’aune d’une question radicale et universelle : comment être un bon père ?
Avant de devenir père, Kevin, collecteur de dettes, décide de quitter le crime organisé. Cette difficile et dangereuse décision ne fait pas du tout l´affaire du grand boss, Santa, et plonge Kevin dans un tourbillon aux conséquences meurtrières. Alors qu´il jongle entre la naissance de son bébé et faire le grand saut, il revit les événements traumatiques de sa jeunesse. De sa mère qui l´envoie vivre au golf de son oncle aux retrouvailles avec son père, un criminel instable qu´il connaît à peine.
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