Après La Mort de Dante Lazarescu, le réalisateur roumain offre avec Aurora une expérience de cinéma au moins tout aussi forte, proprement exceptionnelle. Se déroulant pourtant au fil d'un quotidien (presque) "sans histoire", le film révèle peu à peu l'ordinaire humiliation d'un homme tout aussi ordinaire. Jusqu'à l'instant où le monde bascule parce que l'homme prend sa revanche sur une vie qui ne cesse de le blesser et qu'il passe à l'acte, franchissant le tabou absolu : prendre à son tour la vie d'un autre, en tuant.
Mais à quel moment, exactement, un homme devient-il un criminel ? Le film se clôt sur une séquence magnifique où le spectateur, ayant partagé l'intimité du héros, ressent l'étiquetage de son acte par ceux qui veulent comprendre, classer et justifier, comme un acte presque aussi criminel et inhumain. Cristi Puiu, qui interprète également le rôle principal, nous raconte comment il a placé son film sur cet axe unique — sombre mystère : le coeur de l'homme. EtAurora ressemble alors à une odyssée intérieure.
TKT (« T’inquiète » en langage SMS) aborde le harcèlement scolaire de façon documentée, dure mais nécessaire. La réalisatrice dénonce ce fléau en faisant un usage intelligent du surnaturel et offre son ultime rôle à Emilie Dequenne, bouleversante.
Jafar Panahi se joue des menaces qui pèsent sur lui pour livrer une farce acide sur la situation en Iran. Mélangeant tragédie et comédie avec brio, le réalisateur porte un regard prophétique sur le cycle perpétuel des violences dans son pays.
À la fois teen movie mélancolique et dystopie sur les dangers de l’IA, Happyend prend le parti de la jeunesse et de la liberté. Alors que la société autour des personnages se rigidifie, la mise en scène leur offre de précieux moments de respiration.
Klára déménage brille par sa simplicité : la répétition des allers-retours entre ancien et nouveau logement. Une situation ordinaire mais pas anodine, car chaque trajet diffère subtilement du précédent et permet de mieux comprendre les personnages.
Ce portrait intime d’un des amuseurs fétiches du cinéma français est l’occasion précieuse d’entendre Christian Clavier se confier sur son art. La star se révèle en artisan passionné, qui peaufine sans cesse sa technique de jeu et son sens du rythme.
Stups traite du narcotrafic à échelle humaine, en filmant les audiences du tribunal de Marseille. Les réalisateurs, journalistes tous deux récompensés du prix Albert-Londres, scrutent les visages des prévenus mais aussi des juges, également dépassés.